
Enjeux de l'éducation au 21ème siècle
Par David Urzùa Bermùdez, sociologue et facilitateur de processus sociaux, co-fondateur du projet "C'est quoi qu'ils veulent les jeunes aujourd'hui?"
"Nous avons plus que jamais besoin des jeunes. Les énormes défis planétaires, le changement climatique, les inégalités économiques, la conservation de l'environnement, l'égalité des sexes, la migration, l'éradication du racisme, ne peuvent être affrontés qu'avec la participation des jeunes, puisqu'ils en sont les principaux protagonistes. Ce ne seront pas les adultes seuls qui pourront relever ces défis. Ce sont eux, les jeunes, qui devront le faire. Commençons par leur donner la parole maintenant et nourrissons le débat avec ce qu’ils en pensent."

Par Conrad Hughes, directeur de l'Ecole Internationale de Genève, campus de la Grande-Boissière, co-fondateur du Programme de Compréhension Universelle en collaboration avec l'UNESCO et le Bureau International de l'Education.
Apprendre tout au long de la vie. Etre autonome. Utiliser de manière interactive des outils et des ressources diversifiés. Interagir avec autrui. Interagir avec le monde. Voilà, d'après une récente étude menée par l'UNESCO, le Bureau International d'Education et l'Ecole internationale de Genève, les principales compétences qui permettront à nos jeunes d'évoluer au mieux dans un monde qui bouge vite et dont on doit constamment trouver les clés. C’est en cultivant ces puissantes composantes de l’apprentissage humain que nous préparerons nos apprenants non seulement à développer de solides aptitudes académiques, mais également à agir pour le bien individuel, collectif et commun.
La pandémie COVID-19 rappelle aux éducateurs que les futurs systèmes doivent tenir compte de l'ensemble de l'écosystème de l'apprentissage et prendre en considération le bien-être des élèves, des enseignants, des familles et des communautés. En outre, il s'agit maintenant de rompre avec certaines évaluations et processus lourds en contenus qui ont transformé une grande partie de la scolarité en une instrumentalisation hautement compétitive des connaissances. En se concentrant sur l'apprentissage en profondeur (...) plutôt que sur l'apprentissage en surface, (...) les méthodes de demain se rapprocheront de l'objectif primordial et durable de l'éducation: semer en douceur les graines de l'apprentissage tout au long de la vie pour le bien public.
Cela implique non seulement de ralentir et de rendre moins agressive l'approche de la connaissance à l'école, mais aussi de repenser les critères d'entrée à l'université au niveau des admissions. Les universités doivent concevoir des mécanismes qui permettent d'apprécier les candidats de manière plus approfondie que les notes d'examen et les moyennes de notes. Des évaluations différenciées, basées sur des projets et des récits individuels, permettront d'adopter une approche plus significative, plus juste et plus nuancée. Les universités sont déjà obligées de le faire, car les examens ont été annulés (N.d.T.: examens 2020) et les responsables de l'admission cherchent des preuves alternatives de l'apprentissage des étudiants.
Alors que les administrateurs, les enseignants et les étudiants se préparent à de futures perturbations, il sera de la responsabilité de chacun de ne pas réduire le programme d'études mais de le synthétiser afin que ce qui est appris soit essentiel et puissant. Les lacunes dans l'apprentissage sont regrettables, mais un délai pour faire le point peut être une bonne chose.